Panneau 1

ATRIUM

[…] le meilleur document a toujours été exposé au regard du public dans le seul élément subsistant de l'ensemble de l'œuvre, les six panneaux.

[…] un auteur transmettant un message (comme c'est le cas de l'auteur du polyptyque) ne peut que se "soucier" de la juste manière de le faire communiquer.

ALMADA NEGREIROS

Cette exposition se propose de réexaminer l'un des thèmes les plus fascinants et les plus controversés de l'histoire et de la culture de la nation depuis son arrachement à l'oubli, par les soins de Monseigneur Alfredo Elviro dos Santos, au Palais patriarcal de São Vicente de Fora, en l'an 1882.

Il s'agit, bien entendu, de ce que Jaime Cortesão baptisa, dans les années 1950, le Polyptyque de l'Investiture de la Nation dans la Mission du Saint-Esprit, communément appelé le Polyptyque des Janelas Verdes.

Un tel réexamen est délibérément irrévérencieux, voire "mal élevé", dans la mesure où il soutient que les thèses officielles ne sont ni moins absurdes, ni moins fantaisistes, ni moins incongrues que la généralité de celles qui ont été écartées.

La nouvelle de la découverte du Polyptyque se répandit rapidement, suscitant aussitôt une fascination et une curiosité sans bornes, notamment en raison du fait que, au sein d'un assemblage aussi insolite, on avait reconnu un prétendu portrait de l'Infant Dom Henri (le Navigateur).

Dès lors, une légion d'enquêteurs (la plupart dépourvus tant de tout véritable sens critique que du discernement capable de pressentir le cœur de la question), prenant leurs désirs pour des réalités et faute d'indices plausibles permettant de la contextualiser, donnèrent naissance aux spéculations les plus prodigieuses et aux théories les plus inouïes, alimentant des controverses, des falsifications et des proclamations, autour non seulement de l'origine et de la signification de l'œuvre, mais plus particulièrement de l'identité de la figure double et nimbée du "Saint".

Malgré tout, la thèse qui continue de recueillir le plus large consensus privilégie l'hypothèse selon laquelle le Polyptyque serait une évocation de Saint Vincent, transfiguré en la figure du Saint Infant, après son martyre à Fez, ou en celle du prince Afonso, fils du roi João II, né en 1475 et décédé le 13 juillet 1491 (à l'âge de 16 ans) des suites d'une chute de cheval sur la Ribeira de Santarém.

À vrai dire, il faut admettre que si, auparavant, la désignation "Panneaux de Saint Vincent" était déjà invraisemblable, alors, à la lumière des nouveaux documents et des preuves médico-légales apparus entre 2010 et 2019, on s'attendrait à ce que la "thèse officielle" reconnaisse l'effondrement définitif de ses arguments.

Néanmoins, rien ne dissuada ses adeptes. La conviction que le Polyptyque fut conçu et exécuté concomitamment au Retable de Saint Vincent, pour le maître-autel de la cathédrale de Lisbonne, demeura inébranlable, en dépit du fait que les présupposés et les incohérences irrémédiables sur lesquels les "Vincentistes" s'appuient pour l'affirmer recèlent en eux-mêmes le germe inévitable de la négation de cette présomption.

Il n'est d'ailleurs plus possible d'attribuer avec quelque certitude l'exécution de l'œuvre au peintre Nuno Gonçalves.

Quel plus grand secret pourrait être re-voilé dans le Polyptyque ?

Quoi qu'il en soit, il aurait constitué une évidence claire et éloquente pour les observateurs du XVe siècle, mais non plus pour la plupart de ceux d'aujourd'hui. À ces derniers échappent entièrement les desseins et la fécondité sémantique de la syntaxe ostensive du Polyptyque, du fait qu'ils ont renoncé à la connaissance des références symboliques que les promoteurs de l'œuvre possédaient à un haut degré, et délaissé les figurae ainsi que les sources et le savoir traditionnel qui peuplaient leur imagination.

Il convient d'ajouter encore que la lisibilité des symboles présents, si élaborés et expéditifs que puissent être les stratagèmes discursifs et les dispositifs herméneutiques respectifs, ne saurait être circonscrite, ni scrutée avec compétence, par des catégories conventionnelles théologico-dogmatiques, esthétiques, culturelles, idéologiques ou historicistes.

Et si le Polyptyque n'était rien de plus qu'un réquisitoire hétérodoxe, peut-être hérétique, dont le message devint obsolète et incompréhensible pour la mémoire collective à partir du XVIe siècle ?

Et s'il renfermait une prophétie réalisable dans l'avenir et ne renvoyait à aucun événement passé (Alfarrobeira, la captivité et le martyre du Saint Infant, etc.) ?

PROGRAMME ICONOLOGIQUE DU POLYPTYQUE