Panneau 7

BRÈVE CHRONOLOGIE DU RETABLE DE SAINT VINCENT ET DU POLYPTYQUE

Comprenant les Martyres : une série de tableaux sur la Vie, les Martyres et les Miracles de Saint Vincent + 4 Saints (Saint Théotone ; Saint François ; Saint Paul et Saint Pierre).

Les analyses dendrochronologiques menées sur les planches des deux séries subsistantes laissent penser que toutes furent peintes durant la seconde moitié du XVe siècle : Saints (1415-1454) ; Martyres (1436-1454).

BRÈVE CHRONOLOGIE DU RETABLE DE SAINT VINCENT ET DU POLYPTYQUE — Panneau 7
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Reconstitution conjecturale du Retable de Saint Vincent incorporant une partie du Polyptyque

Dans la Cathédrale

• 1462 : le plus ancien document connu relatif aux travaux d'un nouveau Retable de Saint Vincent.

• 1467 : un rapport de Visite signale que d'importants travaux sont en cours sur le Retable de Saint Vincent.

• 1469 : une lettre de quittance atteste que le roi Afonso V accorda au chapitre de la Cathédrale de Lisbonne une dotation destinée au Retable de Saint Vincent que l'on y construisait.

• 1473 : achèvement du Retable de Saint Vincent.

• 1531-1570 : une période de 39 ans durant laquelle le Retable de Saint Vincent fut accompagné de quelques panneaux du Polyptyque : les panneaux des Chevaliers et des Moines se trouvaient du côté de l'Évangile, d'où l'on peut inférer que les deux autres étaient situés du côté de l'Épître, auprès de l'autel du saint patron de Lisbonne.

• 1548 : Francisco de Holanda place le « peintre qui le peignit » dans sa liste des « Aigles » et, en consignant le nom de Nuno Gonçalves ailleurs dans Da Pintura Antiga, crée à son insu la fantomatique « école portugaise du XVe siècle », dont l'énigme a persisté jusqu'à nos jours.

• 1570 : les panneaux du Polyptyque disparaissent, sans doute par suite des décrets du Concile de Trente.

• 1642 : l'Archevêque de Lisbonne d'alors, D. Rodrigo da Cunha, donne la description la plus détaillée que l'on connaisse du Retable de Saint Vincent (História Eclesiástica da Igreja de Lisboa) : « […] Ici, en cet espace, s'élève l'autel du saint, d'où jaillit ensuite le retable, avec son image en plein relief au centre, tenant en sa main droite la palme du martyre, et en sa gauche le navire dans lequel il nous fut amené. Suivent, à travers les autres panneaux du retable, en une peinture singulière, divers miracles du saint, ainsi que les principaux épisodes de sa vie et de son martyre […] ». Il souligne qu'il fit rénover et dorer cet ensemble, en raison de la dévotion qu'il portait au saint. Il mentionne en outre un ensemble de seize panneaux qui existaient au-dessus des stalles du chœur des chanoines, relatifs aux miracles de Saint Vincent, portant chacun un distique latin. Il omet toute référence au Polyptyque, absent du lieu depuis 1570.

• 1690-1742 : la dépose et la mise en réserve de plus d'une douzaine de panneaux du Retable de Saint Vincent, peints par le même artiste. Ils y demeurèrent jusqu'à ce qu'ils fussent nettoyés et expédiés au Palácio da Mitra (Marvila) à l'initiative du Cardinal Patriarche D. Tomás de Almeida, en l'an 1742, ce qui les préserva de la destruction lors du tremblement de terre de 1755.

Hors de la Cathédrale

• 1742-1821 : les panneaux du Retable sont consignés dans deux inventaires de la Mitra (1754 et 1821) et dans la dénommée querela dos Agostinhos (la querelle des Augustins) (1763-1768). Des documents relatant ce différend, on peut inférer un ensemble de données concernant les plus d'une douzaine de panneaux figurant Saint Vincent qui y existaient.

La description des quatorze panneaux consignée dans l'Inventaire de 1821 (450 ans après leur création) permet de confirmer que lesdits panneaux sont les mêmes que ceux déposés de la Cathédrale en novembre 1690 :

« Un panneau de cinq palmes de large et plus de huit de Haut, peint sur bois et représentant le Coffre des Reliques dudit Saint, assisté d'un Roi et de divers religieux et autres personnes, avec un Cadre doré. [placé dans la 2e salle de l'Étage Noble du Palais de Marvila] »

« Deux panneaux de près de huit palmes de large et onze de Haut, avec des Cadres en Noyer, relatifs à Saint Vincent Martyr et autres reliques et miracles, et un Roi lui rendant grâce. »

« Mobilier qui se trouve dans ladite Quinta de Marvila – Première Pièce – Deux Panneaux de quatre palmes de Large et huit de Haut, cadres dorés, avec la peinture sur Bois de la Vie de Saint Vincent […]

Étage Noble et Première Salle – Deux panneaux de huit palmes et plus de haut et quatre de Large, avec des Cadres dorés, sur Bois de la Vie de Saint Vincent.

[2e salle] Deux Panneaux de quatre palmes de large et plus de huit de Haut, peints sur bois, traitant des Miracles du Saint ci-dessus.

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Sixième Salle, qui est la Chambre – Deux Panneaux de cinq palmes de large et huit de Haut, cadres dorés, peints sur bois, d'un Miracle de Saint Vincent Martyr.

Cinquième Salle – Deux Panneaux de près de Cinq palmes de large et onze de Haut, cadres dorés, peinture sur bois, traitant des miracles de Saint Vincent Martyr.

Un Panneau un peu plus petit, de la même Peinture sur Bois, de Miracles du même Saint. »

On constate que ni la description ni les dimensions enregistrées ne sont compatibles avec le Polyptyque, d'où l'on déduit qu'il ne se trouva jamais à Marvila.

• 1821-1916 : on ignore le sort de cette série de tableaux.

• 1916 : le panneau Saint Vincent attaché à la Colonne, seul panneau complet subsistant du Retable, est incorporé au Musée National d'Art Ancien.

• 1935 : le demi-panneau Saint Vincent sur la Croix en Sautoir, qui aurait fait partie du Retable, est incorporé au Musée National d'Art Ancien.

• 1950 (env.) : une étude affirme que les panneaux Saint Vincent attaché à la Colonne et Saint Vincent sur la Croix en Sautoir (1462-1467) faisaient partie du Retable.

• 2001 : les résultats des analyses dendrochronologiques menées par le spécialiste en dendrochronologie Peter Klein, de l'Université de Hambourg, effectuées sur les six panneaux et demi des Martyres (les panneaux qui subsistent du Retable de Saint Vincent), permettent de conclure que, dans l'assemblage de ces surfaces, furent employés des lots de bois différents de ceux du Polyptyque, ce qui n'aurait pas été le cas s'ils avaient été préparés pour la même œuvre picturale. On constate que, dans le groupe des Saints, la datation du dernier cerne de croissance du bois se situe entre 1415 et 1454 (39 ans), tandis que dans le groupe des Martyres (Retable) elle ne correspond qu'à 18 ans (1436-1454). On conclut en outre que la date la plus ancienne des planches constituant les panneaux des Martyres (1436) est postérieure à la date la plus récente établie pour les planches du Polyptyque (1431), ce qui prouve que les panneaux formant le support des deux ensembles sont d'origine distincte, ce qui n'aurait pas été le cas si, comme on le supposait, ils avaient été assemblés concomitamment.

• 2010 : on publie un extrait d'un Inventaire dressé en 1821 des biens existant au palais de Marvila, où sont cités quatorze panneaux figurant Saint Vincent, ainsi que leurs dimensions, exprimées en palmes, et encore les couleurs des cadres respectifs :

a. Sept sont relatifs à des miracles et quatre à la vie du saint. Leurs dimensions oscillent entre « quatre palmes de large par huit de haut » et « près de cinq palmes de large par neuf de haut », soit un intervalle entre 88 x 176 cm et 103 x 198 cm. Les cadres étaient dorés.

b. Un autre panneau est décrit comme « représentant le coffre des Reliques dudit Saint, assisté d'un Roi et de divers religieux et autres personnes ». Les dimensions sont : « cinq palmes de large et plus de huit de haut », ce qui correspond à 110 x 183 cm. Cadres dorés.

c. Les deux restants sont « relatifs à Saint Vincent Martyr et autres Reliques et Miracles, et un Roi lui rendant grâce ». Les mesures fournies sont : « près de huit palmes de large et onze de haut », ce qui équivaut à 169 x 242 cm. Cadres en noyer.

La même année, Pedro Flor publia les mêmes documents, augmentés des références aux quatre panneaux des Saints, qui faisaient également partie dudit Inventaire, accompagnés de leurs dimensions respectives, exprimées elles aussi en palmes (à l'exception d'une, en varas) :

« 1. Un panneau d'une vara de large et une vara et demie de haut [110 x 165 cm], cadre doré, peinture sur bois, d'un prélat se présentant, en aube, mitre et crosse […].

2. Un panneau de plus de cinq palmes de large et six de haut [110 x 132 cm], avec cadre doré et peinture de Saint François tenant le crucifix à la main […].

3. Deux panneaux de cinq palmes de large et huit de haut [110 x 176 cm], avec cadre noir et filets dorés, l'un avec une peinture de Saint Pierre et l'autre de Saint Paul, très anciens […] ».

On constate qu'entre-temps ces panneaux ont également subi des coupes, ce que confirment les décrochements présents dans les bancs sur lesquels les saints sont assis, étant donné que leurs mesures actuelles sont de 89 x 116 cm ; 90 x 118 cm ; 80 x 136 cm et 84 x 137 cm, respectivement.

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Les mesures indiquées sont soit inférieures, soit bien supérieures aux dimensions actuelles de n'importe lequel des panneaux du Polyptyque, ce qui permet de l'exclure des items de l'Inventaire.

D'où il est raisonnable de conclure que les deux ensembles – le Polyptyque et les Martyres – furent restaurés à des époques différentes et par des restaurateurs différents, ce qui indique qu'ils ne se trouvaient pas réunis au XVIIe siècle.

2025 : des dix-huit panneaux (quatorze relatifs au Retable et quatre aux Saints) référencés dans l'Inventaire de 1821, seuls subsistent deux Martyres (Saint Vincent attaché à la Colonne et Saint Vincent sur la Croix en Sautoir) ainsi que les quatre Saints : Saint Théotone ; Saint François ; Saint Paul et Saint Pierre [MNAA].