POLYPTYQUE
• 1478–1481 ? : peinture du Polyptyque prétendument destinée à la Chapelle Royale de Saint-Michel dans le Palais de l’Alcáçova de Lisbonne. Seules ces dates sont cohérentes avec la majorité des variables en jeu, à savoir : la miniature de l’épée de l’Enfant, réplique de celle de D. Isabelle et D. Ferdinand, offerte aux monarques de Castille en 1475 ; les pourpoints (1460–1480, ± 5 ans) ; les armoiries représentées (1476–1500) ; l’âge de l’Enfant, né en 1476 ; etc. Le Polyptyque ne fut jamais présenté au public, ayant été conservé en la possession de la Maison Royale dans l’une de ses résidences sous le règne du roi Afonso V, et passant (?) après la mort du monarque sous la garde de l’« Excellente Dame » († 1530).
• 1532 : année du transfert du Polyptyque à la Cathédrale à la suite de la mort de l’« Excellente Dame », ou, plus probablement, des dommages subis par la Chapelle du Palais de l’Alcáçova de Lisbonne en conséquence du fort tremblement de terre de janvier 1531.
• 1534 : première référence connue : il se déduit du récit de Francisco Pereira Pestana qu’au moins les panneaux centraux du Polyptyque (Prince et Archevêque, et peut-être celui des Chevaliers) étaient exposés auprès de l’autel de Saint Vincent dans le chœur de la Cathédrale de Lisbonne. Ils sont présentés comme constituant une nouveauté, auprès des tombeaux royaux et du Retable de Saint Vincent (Doc. Francisco Pereira Pestana).
• 1567 : André de Resende fait référence aux vêtements, aux chaussures et à la manière de se couvrir la tête dans la « très ancienne peinture ».
• 1570 : il est de nouveau mentionné de mémoire par un auteur anonyme : deux saints se faisant face en présence de nombreuses figures de seigneurs et de gentilshommes, certains portant sur la tête des coiffes multicolores. L’auteur de ce récit en propose sa propre interprétation, que nous savons aujourd’hui fantaisiste, puisqu’il n’y eut aucun repeint de la tête du « Saint », ajoutant que le Polyptyque avait été exposé sous le Retable de Saint Vincent, d’où il avait été retiré, lui-même en ignorant la destination (Doc. de Rio de Janeiro).
• 1570–1882 : le Polyptyque disparaît (aucune référence n’étant connue dans cet intervalle), sa localisation demeurant inconnue. Il existe cependant des indices selon lesquels il fit l’objet de quatre restaurations, l’une d’elles destinée à retirer des gouttes de cire et, possiblement, de la peinture altérée, dans la mesure où il avait été en contact avec des bougies allumées.
• 1882 : les six panneaux composant le Polyptyque sont découverts au Monastère de São Vicente de Fora, les quatre plus petits étant matériellement assemblés deux à deux.
• 1895 : il fait l’objet d’une première expertise.
• 1909–1910 : il est restauré par Luciano Freire ; à la suite de la restauration et d’un relevé méticuleux, on constate que 2 des panneaux résultaient de l’assemblage d’une jonction, identifiant ainsi 2 grands panneaux et 4 panneaux plus petits correspondant à des demi-volets, le doute quant à leur disposition relative demeurant.
• 1910 : avant d’être incorporé au MNAA, il est présenté au public pour la première fois à l’Académie portugaise des Beaux-Arts, disposé en 2 triptyques.
• 1926 : en vertu de son analyse de la perspective du pavement carrelé, Almada Negreiros propose la disposition retabulaire actuelle.
• 1940 : le Polyptyque est, pour la première fois, exposé au MNAA selon la disposition retabulaire proposée par Almada Negreiros.
• 1955 : restauration réalisée par Fernando Mardel Araújo avant d’être exposé à la Royal Academy, à Londres.
• 1994 : lors des examens réalisés par réflectographie infrarouge sont détectés non seulement le dessin sous-jacent, mais aussi des indices selon lesquels des rectifications et des ajustements survinrent entre le plan initialement tracé et la version finale connue aujourd’hui, notamment dans la position de certaines figures et dans les costumes portés par d’autres.


• 2001 : l’analyse dendrochronologique des planches de chêne de la Baltique, conduite par le spécialiste en dendrochronologie Peter Klein, de l’Université de Hambourg, constate que la datation des cernes de croissance les plus récents coïncide avec la période comprise entre les années 1383 et 1431.
• 2013 : une nouvelle étude de laboratoire est publiée concernant les matériaux constitutifs des préparations de base des trois ensembles de peintures déjà mentionnés (Polyptyque ; Mystères ; et Saints), laquelle conclut « […] qu’il existe des différences de composition dans la couche préparatoire entre le Polyptyque et les peintures des deux autres groupes qui suggèrent que pour le premier un lot de “gesso” différent aura été employé. » Les résultats de ces analyses microscopiques sont éloquents, démontrant que le Polyptyque ne saurait être confondu avec le Retable de Saint Vincent.
• 2019–2026 : examens de laboratoire complémentaires, dirigés par Joaquim Caetano et soutenus par le Laboratoire Hércules de l’Université d’Évora, destinés à détecter et à retirer les repeints de différentes époques et à combler les lacunes qui en résultent.